Posez la question, à ceux qui vous entourent, de la possibilité de vivre dans le bonheur. Sauf si vous rencontrer un sage, vous obtiendrez l'une des trois réponses qui suivent :
-Le bonheur est inaccessible
-Le bonheur est éphémère
-Le bonheur n'existe pas.
Aux premiers je dirais qu'ils ont tord, aux deuxièmes qu'ils ont également tord, aux troisième qu'ils ont terriblement tord. Mais donnez-moi un instant pour vous expliquer cela.
« Le bonheur est inaccessible ». Voilà la réponse type de ceux qui se sont lancés dans la course à la chimère. Pour ceux-là le bonheur semble hors de portée de main car ils en ont une représentation erronée. Richesse, beauté, amour, santé, et j'en passe... Connaissez-vous une seule personne au monde ayant une vie parfaite en tous points ? Non, et je dirais même : heureusement. Que deviendrait le bonheur sans un peu de malheur pour nous rappeler qu'il est là ?
A ceux qui se reconnaissent dans cette réponse, je dirais : par pitié, arrêtez de courir ! La perfection n'existe pas et beaucoup de rêves ne sont pas réalisables. Si pour vous le bonheur semble inaccessible, c'est parce que vous êtes trop occupés à courir après l'inatteignable pour vous rendre compte que vous passez juste à côté du vrai bonheur.
« Le bonheur est éphémère ». Ceux-là rejoignent les premiers mais eux sont les grands vainqueurs de la course à la chimère. Peut-être parce qu'ils courent plus longtemps, ou que leur ligne d'arrivée était plus proche que les autres. Ils atteignent alors leur objectif, ils touchent au bonheur... Jusqu'au moment où ils se rendent compte que ce n'est pas aussi parfait que ce qu'ils pensaient ou qu'ils se trouvent une nouvelle course à faire. Quand on passe une bonne partie de sa vie à courir, il n'est pas si facile que cela de s'arrêter du jour au lendemain.
A ceux là je dirais qu'ils sont, certes, peut-être un peu chanceux ou alors plus modestes que les premiers mais cela reste tout de même de la course à la chimère. Pourquoi se contenter de parcelles de bonheur ?
« Le bonheur n'existe pas ». Voilà une bien triste déclaration. Et pourtant ceux-là ont fait la moitié du chemin vers le bonheur. Dommage qu'ils se soient arrêtés en cours de route dans leur réflexion... Pour les aider à reprendre le cheminement, je leur dirais ceci : ce qui n'existe pas c'est le « bonheur » après lequel courent la plupart des gents, cette chimère inaccessible ou presque. Mais le bonheur, le vrai existe.
Qu'est ce que le bonheur, en fin de compte ? Tout avoir pour soi ? Non, bien sûr que non. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on ne peut tout avoir, ce qui signifierai alors que le bonheur se détruit lui-même... Comment connaîtrions-nous et reconnaîtrions-nous le bonheur s'il n'existait pas ? Le bonheur est une notion abstraite, propre à chacun. Comment ? Simplement parce que le bonheur, le fait même d'être heureux, dépend de nous même. Il ne tient qu'à nous de nous satisfaire de ce que nous avons, de ne pas aller chercher plus loin. Profiter de la vie, telle qu'elle est, telle qu'elle s'offre à nous, sans vouloir à tous prix se la gâcher avec des « si j'avais ceci... » ou autres « si j'étais cela ». Et vous verrez que la vie n'est pas si désagréable...
Oh mais je vous vois venir ! Vous devez vous dire : « celle-là elle doit avoir tout ce qu'elle veut pour dire des choses pareilles »... Et bien sachez que si vous êtes aimé, soutenu par votre famille, que vos amis se comptent sur les doigts de plus d'une main et que vous êtes, globalement, en bonne santé, vous pouvez vous considérer plus heureux que moi... Si toutefois hiérarchie du bonheur il peut y avoir. J'ai trouvé le bonheur alors pourquoi pas vous ? Et pour ceux qui seraient plutôt dans mon cas : le bonheur est là, il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder au bout de son nez.
Car la vie pourrait être pire, bien pire. Elle pourrait s'éteindre...ou ne vous avoir jamais touché.